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Abstract
Les recherches récentes en histoire sociale et culturelle de la Grande Guerre s'intéressent notamment à l'étude de la production littéraire, médiatique et iconographique comme pratique signifiante et représentative de l'expérience individuelle et collective de la guerre, ce que les historiens identifient comme les « cultures de guerres ». Ces « cultures de guerre » sont analysées, entre autres, à partir de la presse, dont la situation privilégiée au carrefour de l'opinion publique et de la propagande gouvernementale, en fait un objet d'étude significatif pour mieux comprendre la mobilisation des populations dans le cadre d'une guerre totale.
S'inscrivant dans le sillage des études récentes en histoire des représentations, notre thèse a pour principal objectif, à partir d'un corpus de presse, de dégager et d'analyser les stéréotypes qui règlent les représentations des combattants russes à partir d'une approche interdisciplinaire faisant appel, notamment, à la linguistique et la lexicométrie en tant qu'outils d'analyse du discours de presse français à l'égard l'allié russe. De pair avec une analyse historique qualitative du discours de presse, affinée par l'apport de la linguistique, nous nous intéressons à l'iconographie comme support du discours patriotique, en tant que véhicule des stéréotypes nationaux qui servent de base aux représentations de l'allié et de l'ennemi en France au début du XXe siècle. Plus précisément, nous voulons interroger l'évolution des représentations de la figure du combattant russe afin de dégager dans quelle mesure il y a eu rupture ou permanence des représentations en fonction de l'évolution du contexte historique de 1914 jusqu'à 1919. Pour ce faire, nous avons systématiquement dépouillé trois magazines français, L'Illustration, le supplément illustré du Petit Journal, et Je sais tout, représentatifs du paysage médiatique durant la Grande Guerre.





