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Abstract
Les indications thérapeutiques des mélanges symbiotiques (probiotiques et prébiotiques) demeurent encore assez rares malgré les bénéfices potentiels qu’ils peuvent procurer à la santé des individus (Mitrovic et al., 2022; Fukaya et al., 2021). De nombreuses études démontrent un avantage des symbiotiques comparativement aux probiotiques ou aux prébiotiques lorsqu’ils ne sont pas en association (Mofid et al., 2020; Piatek et al., 2020; Anzawa et al.,2019). Qu’il s’agisse de probiotiques ou de symbiotiques, l’autolyse (mécanisme par lequel le contenu enzymatique des probiotiques est libéré) s’avère indispensable et pouvoir la favoriser est tout un avantage. On reconnaît aux bactéries lactiques un fort potentiel enzymatique, en témoigne leur utilisation courante comme probiotiques alimentaires. Nous pensons que des souches bactériennes riches en autolysines ou à forte activité autolytique permettraient un effet lytique accru sur certains pathogènes gastro-intestinaux. L’utilisation d’exopolysaccharides (EPS) bactériens comme prébiotiques pourrait également s’avérer bénéfique pour la formulation de symbiotiques, mais cette approche n’a pas encore été mise à l’essai à notre connaissance.
Le but de cette étude expérimentale était d’évaluer l’effet protéolytique de symbiotiques constitués de probiotiques riches en autolysines et d’EPS sur le pathogène gastro-intestinal Escherichia coli. À l’exception du Bifidobacterium lactis et du Lactobacillus casei extraits à partir de yaourts commerciaux, tous les microorganismes provenaient du Centre de recherche des aliments de l’Université de Moncton. Les EPS ont été extraits à partir de Lactococcus lactis, B. lactis et L. casei. L’activité autolytique de ces trois bactéries lactiques habituellement utilisées comme probiotiques, a été mesurée par absorbance. De même, l’impact de l’ajout de 1% ou 2% d’EPS extraits de chaque souche de probiotique, afin de déterminer les effets des mélanges symbiotiques (L. lactis + EPS extraits de L. lactis (S1), B. lactis + EPS extraits de B. lactis (S2) et L. casei + EPS extraits de L. casei (S3)) sur la lyse d’E. coli,a été évalué en mesurant le diamètre de la zone d’inhibition selon une méthode standard.
La première partie de cette étude (chapitre 3) a consisté à évaluer et comparer les activités autolytiques de L. lactis, de L. casei et de B. lactis mesurées par absorbance. Nos résultats ont surtout démontré que toutes ces bactéries étaient riches en autolysines et que L. lactis avait une activité autolytique supérieure à celles de L. casei et B. lactis (p < 0,05). Les activités autolytiques de L. casei et de B. lactisne différaient pas significativement dans la plupart des tampons utilisés pour cette étude.
La deuxième partie de l’étude (chapitre 4) a permis d’évaluer l’activité protéolytique anti-E. coli de chacune des trois souches probiotiques dont nous avons caractérisé l’activité autolytique, ainsi que l’impact de l’ajout d’extraits d’EPS pour en faire des mélanges symbiotiques. Nos résultats ont montré que les trois symbiotiques à base d’EPS étaient tous plus efficaces pour inhiber E. coli comparativement aux probiotiques lorsqu’ils étaient utilisés seuls et que leurs effets inhibiteurs symbiotiques n’étaient pas différents. Les extraits d’EPS utilisés seuls n’exerçaient aucune action inhibitrice contre E. coli.





